La Ferme Urbaine Lyonnaise (FUL)

La ferme urbaine est une alternative à l’agriculture traditionnelle pour les sites isolés ou les zones très urbanisées. Il s'agit d'un système de culture verticale automatisé, sous climat artificiel, baptisé FUL (Ferme Urbaine Lyonnaise), dont le projet pilote a été inauguré le
21 octobre 2016 à Lyon. Le centre d'expertises Applications spéciales de Cesbron a participé à ce projet pour mettre au point le concept climatique.

Présentation du projet

©-FULIllustration-S-Buttarazzi

Lancé en 2013, ce projet unique est le fruit du travail d’entreprises expertes dans leur domaine, combiné à des centres de recherche. Le pilote est installé sur le campus de La Doua, dans l’enceinte de l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées).

Le site pilote s’étend sur une surface de 50 m², avec une zone de culture hors sol de 25 m² comprenant 3 étages. La culture se fait sous environnement confiné, dans un substrat neutre (fibre de coco) irrigué d’un courant de solution apportant les nutriments essentiels à la plante. Installés sur un convoyeur industriel vertical mobile, les cultures sont gérées à l’aide d’automates et baignées d’un climat précis.

L’objectif de la ferme urbaine est de contribuer à répondre aux besoins alimentaires croissants des consommateurs urbains, mais aussi de favoriser l’approvisionnement en circuit court des filières alimentaires, agroalimentaires, ainsi que des filières de l’industrie bio-sourcée (pharmacie, chimie verte).

Un système de production végétale de précision

Photo FUL

Le système de production végétale de la ferme urbaine présente de multiples avantages : renforcement de la productivité, réduction des consommations d’eau et d’énergie, et absence de produits phytosanitaires (aucun pesticide n’est utilisé).

« C'est une ferme connectée de haute technologie qui utilise dix fois moins d’eau, dix fois moins de surface et ne rejette rien dans l’environnement. Les énergies fatales sont valorisées », explique Christian Rabin, directeur du centre d'expertises Applications spéciales (Cesbron).

Pour Philippe Audubert, l’un des trois patrons de la start-up FUL, « c'est une production végétale de précision, en rupture avec l’agriculture conventionnelle car elle contrôle tous les paramètres. »

La ferme urbaine est un système particuliè-
rement intéressant pour les industriels : l’optimisation des espaces de culture permet une culture de végétaux adaptée aux besoins de production, sans gaspillage et par toutes les conditions météorologiques.

Une culture de haute technologie

Photo FUL

Cesbron a développé le concept climatique de la ferme urbaine. Il est composé d’une centrale d’air équipée de deux batteries froides (l’une pour le froid, l’autre pour la déshumidification) et d’une batterie chaude (pour le chauffage ou la déshumidification). Grâce à un système par doubles parois, l’homogénéité de la diffusion à flux d’air laminaire ne crée pas de stress aux végétaux. L’éclairage spectral multi LED permet de faire varier la croissance des plantes, et de leur donner divers goûts et arômes. 

Expeclimat Lumi, le système de régulation développé par Cesbron, permet de contrôler, via Internet, tous les paramètres de culture des végétaux, enregistrables dans des recettes : température, hygrométrie, cycle jour/nuit, flux d’air, concentration gazeuse (CO2), arrosage et lumière (intensité et spectre). L’objectif étant de parvenir à trouver l’optimum en qualité de lumière et en climat, depuis la nurserie jusqu’à la récolte.

Des installations d’avenir

Certaines entreprises manifestaient déjà un intérêt pour le projet avant même l’inauguration du site pilote. Par exemple, la culture du pissenlit selon le système de ferme urbaine intéresse Continental, pour la fabrication de pneus, car la racine de pissenlit donne du latex.

Cela explique que la FUL dispose de fonds pour se développer. Des objectifs à court terme et à long terme sont fixés. En 2017, une première unité réelle de production de 500 m² devrait être créée. A long terme, ce prototype devrait aussi donner suite à de nouveaux projets de plus grande dimension : 2 200 m² de culture avec 1 000 m² d’emprise au sol, pour une production journalière de 4 000 salades avec un total de 90 000 salades dans la ferme.

Ces installations devraient aussi se développer dans des éco-quartiers, pour répondre aux défis que la FUL a relevés : faire face aux conséquences de l’urbanisation croissante et des changements climatiques, mais aussi faire valoir ses avantages auprès des industriels, en leur proposant un modèle industriel futuriste de culture végétale.